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Habitat rural de Plancemont et alentour
Lundi
12 mars 2007 à 19h 30 |
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Anne-Lise Fischer, présidente, ouvre la séance en saluant l'assemblée, fort nombreuse ce soir bien que plusieurs membres se soient pourtant excusés. C'est à Jean-Philippe Vuilleumier que revient le soin de présenter le conférencier du jour, Daniel Glauser, qui nous emmènera à la découverte des concepts et des usages de l'habitat rural dans notre canton, puisque nous avons tous parmi nos ancêtres plusieurs générations de paysans.. Daniel Glauser est ethno-géographe, auteur de nombreuses publications sur l'habitat rural, la forme des territoires communaux et les techniques de constructions liées au climat aussi bien qu'aux exigences socio-économiques. Il travaille en lien avec le Fonds national de la recherche et dans le cadre de l'Office des monuments et sites du canton de Neuchâtel. Actuellement, il travaille à un inventaire du patrimoine rural. La conférence de ce soir est richement illustrée de photos et de schémas projetés et commentés, qui permettront à l'auditoire de bien comprendre la manière dont l'habitat est structuré et a évolué au fil des ans et des besoins. Dans une brève introduction et à l'aide d'une carte satellite du canton , notre conférencier situe l'habitat en terre neuchâteloise : la plaine au bord du lac, le Val de Ruz, le Val de Travers dans l'axe Neuchâtel-Pontarlier. Une structure qui remonte à l'époque romaine. La carte "Bonjour" est la plus ancienne connue du pays (1672-1673) et montre bien les axes de colonisation verticaux. Mais dans le haut des Montagnes neuchâteloises, les territoires se sont étendus par la suite horizontalement (http://www.histoirene.ch/cartebon.html).
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Le
village de Plancemont
est un ensemble harmonieux, construit selon une structure linéaire
montante, le long de la route qui rejoint les montagnes. Les fermes
ont leur façade principale orientée au sud-est, perpendiculairement
à la route alors que dans le Jura, on a plutôt une structure
linéaire horizontale suivant les courbes de niveau. Ce sont des
fermes "à pignon frontal", appelées aussi "fermes neuchâteloises".
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Le logement est toujours au sud-est, avec les fenêtres exposées plein sud pour apporter lumière et chaleur dans le logement. Par derrière, profitant de la pente du terrain, on a un accès direct à la grange située à l'étage. Cette grange – et le fourrage qu'elle contient - sert d'isolation à l'habitation. L'écurie (terme neuchâtelois qui désigne le lieu où on tient les vaches) se trouve au-dessous et un système de trappes – les borons – permet de nourrir le bétail directement depuis la grange. La ferme du Grand-Cachot-de-Vent, à La Chaux-du-Milieu, a fait l'objet d'une étude approfondie qui permet de comprendre la manière de construire et l'évolution de la maison. La charpente date de 1531. A cette époque, il s'agit d'une maison de bois. Un siècle plus tard, elle s'est "pétrifiée" et des murs ont été construits. La ferme est recouverte d'un large toit peu pentu, couvert de "bardeaux". On cherche à retenir la neige, non comme isolant comme on le croit souvent (la grange suffirait) mais pour l'eau. Les bardeaux sont posés les uns sur les autres et retenus par des pierres et des barres de bois, mais jamais cloués. Les clous, forgés un à un, étaient beaucoup trop chers ! En général, les bardeaux portent une marque de reconnaissance. Ainsi, après une tempête qui balayait le toit, le propriétaire pouvaient retrouver ses bardeaux éparpillés autour de la maison avec ceux de ses voisins et les remettre en place. Ces toits sont malheureusement fragiles et le risque d'incendie est grand. Jusqu'au 19e siècle, on a vu de grands incendies ravager des villages entiers. A la fin du 19e siècle, la tuile mécanique (ou la tôle) va remplacer les bardeaux.
Au 18e siècle, les
fermes sont devenues trop petites par suite de l'évolution de
l'activité agricole. L'amélioration de la race bovine amène des
bêtes qui produisent plus de lait, mais qui mangent plus aussi. Il
faut alors stocker plus de fourrage. Les familles sont aussi plus
nombreuses. D'où la nécessité d'agrandir les bâtiments en ajoutant
un étage. En regardant bien, on voit encore les traces de ces
agrandissements dans les charpentes et sur les façades. |
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Au cours de ces travaux
d'agrandissement, certaines fermes ont été "retournées" : en
ajoutant un étage, on tourne le toit d'un quart de tour. La façade
principale devient alors façade latérale. Pour protéger cette
dernière, exposée à la pluie, on la recouvre d'une chape de
"tavillons" et les fenêtres ont des auvents. |
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Les murs de maçonneries sont fort épais, constitués de moellons tenus par un mortier et crépis à la chaux. Ce crépis est une sorte de "peau" qui protège le mur tout en le laissant respirer. Au 20e siècle, on a parfois enduis les murs de béton, ce qui a eu l'inconvénient d'empêcher l'humidité naturelle de sortir et de provoquer finalement l'effondrement du crépis et parfois du mur. A Plancemont, on a de beaux exemples de cartouches portant la date de construction et les initiales de leurs propriétaires. On les trouve sur les linteaux des portes ou des fenêtres, au-dessus des portes de granges ou des entrées. Sur certains, on trouve même des blasons. Le logement se trouve toujours au rez-de-chaussée, qui est séparé en deux, d'un côté l'habitation, de l'autre l'écurie . L'évier se trouve sous une fenêtre. Le four à pain est dans la cuisine, à côté de l'âtre. Ce n'est qu'à partir de 1850 qu'on voit apparaître le "potager" (cuisinière à bois). Les cendres étaient récupérées pour la lessive… qui durait 15 jours et qu'on ne faisait que deux fois par an car c'était un énorme travail. Au-dessus de l'âtre, on a la très grande cheminée en bois (qu'on appelle "tué" au Cerneux-Péquignot seulement, commune qui appartenait à la Franche-Comté jusqu'au début du 19e siècle, où ce terme est utilisé) dans laquelle on séchait et fumait la viande. Un système de tringles permettait d'ouvrir les vantaux de la cheminée. Derrière le mur de la cheminée, dans la belle chambre, des ouvertures, sortes de placards, permettaient de laisser passer la chaleur. Le poêle à catelles apparaît au 18e siècle et se répand alors systématiquement dans les maisons.
Plancemont offre un ensemble
exceptionnel de maisons à pignon, parmi lesquelles on peut admirer
la maison natale de Ferdinand BERTHOUD (1727-1807), le père de
l'horlogerie de marine. C'est une ferme classique, avec son toit de
bardeaux, sa grande très grande cheminée et sa ramée protectrice. La
maison a été rehaussée d'un étage et maçonnée. |
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