Dans les temps angoissés que nous traversons, il peut paraître étrange qu'on trouve le loisir et la liberté d'esprit de faire des recherches sur de vieux vitraux. Mais notre esprit a besoin de détente, il aime à se soustraire aux préoccupations du jour, pour se replonger dans le passé en apparence plus serein, et contempler avec tranquillité d'esprit les objets qui le rappellent. D'ailleurs, ces années-ci, des multitudes de vitraux ont été mis en pièces, à Reims et à combien d'autres endroits, des actes d'un vandalisme inqualifiable ont, été commis ; ne serait-ce pas aussi une sorte de protestation, bien inoffensive sans doute, mais combien sincère, d'entourer d'égards, de respect, de vénération même les quelques vitraux trop rares et si fragiles qui se sont conservés dans notre petite, patrie ? Le Musée neuchâtelois de 1912 contient un article sur nos vitraux des XVme et XVIme siècles 2 ; c'est la belle époque de la peinture sur verre ; il n'en reste dans notre canton que très peu d'exemplaires. Nous nous sommes servi surtout du travail si documenté du Dr Lehmann, directeur du Musée national, sur les vitraux suisses ; nous avons aussi compulsé les Comptes de la bourserie de la ville de Neuchâtel, pour toutes les dépenses faites pour des verrières dans les bâtiments publics, verrières qui ont presque complètement disparu. Le peintre A. Bachelin, M. Ch. Châtelain et d'autres encore ont de temps à autre décrit: dans le Musée neuchâtelois quelques-uns des anciens vitraux qui existent encore. Je voudrais essayer de compléter leur travail en mentionnant autant- que possible tous les vitraux neuchâtelois connus du XVIme et du XVIIme siècle. Leur chiffre n'atteint pas la trentaine. Peut-être m'en est-il échappé quelques-uns. Je rappellerai d'abord les vitraux datant du XVIme siècle dont parle l'article du Musée neuchâtelois. C'était d'abord la grande rosace qui ornait la face occidentale de notre collégiale 3; mais il n'en reste plus vestige, 1 Travail lu le 14 février 1948 à la Société d'histoire de Neuchâtel-Ville. 2 T. XLIX, p. 233-242. 3 Voir Musée neuchâtelois, 1883, p. 194. elle est tombée en morceaux au XVIIImesiècle. M. de Sandoz-Rollin racontait à ses petits-enfants qu’étant jeune garçon il lançait avec ses camarades des. cailloux aux fragments qui en restaient et, personne ne leur reprochait ce jeu barbare. Cet article parle aussi des vitraux du temple de Fenin, représentant saint Laurent et saint Guillaume, accompagnés des écussons des donateurs 1 et du vitrail représentant la crucifixion, qui ornait l'église de Saint-Blaise. Ce dernier se trouve actuellement à notre Musée. Trois autres vitraux neuchâtelois du XVIme siècle m'ont été signalés. L'un d'abord appartient à la famille de Merveilleux ; mais il en reste si peu de morceaux qu'il n'est pas possible de le reconstituer. L'inscription du bas du vitrail est intacte : Jehan, Guillaume et David Merveilleux frères 1570. Des armoiries elles-même, il ne reste que quelques fragments de guerriers en cuirasse et une. grande étoile (molette) d'or sur fond de gueules qui, peut-être, appartenait à un autre vitrail. Il est à présumer que ce vitrail décorait le château de Peseux ou celui de Beauregard, résidence des Merveilleux au XVIme siècle, ou peut-être l'église de Peseux qui, avant sa restauration, contenait d'autres souvenirs de cette famille. Un fragment de ce vitrail est marqué d’un chiffre qui pourrait être une signature d'artiste; c'est un M, auquel est accolé à gauche un C et à droite un D. Aucun des vitraux que nous passerons en revue ne porte de signature d'auteur. Un autre vitrail du XVIme siècle est celui de la Commune d'Auvernier. Les couleurs en sont magnifiques. Au coin gauche du bas du vitrail est l'écu aux armes de la commune ; il est de gueules, un rouge de toute beauté, chargé de fasce d'un poisson d'argent 2. A coté, l'inscription en lettres gothiques : La Communauté Davernier 1576. Dans le centre du vitrail, Judith met dans un sac que lui tend une compagne la tête d'Holopherne qu'elle vient de trancher. Cette scène se passe devant de grandes tentes à lourdes draperies. Dans le fond, on voit une armée en marché et la tête d'Holopherne fixée au bout d'une perche sortant des combles d'un édifice circulaire. Cet arrière-plan est traité en couleur bleue et verte qui en font une scène de nuit d'un très bel effet. Des colonnes à droite et à gauche soutiennent un fronton recourbé qui laisse vide les deux angles du haut du vitrail. Un verre incolore moderne a remplacé, d'après le souvenir des propriétaires, une grisaille représentant une scène de tir. Ce vitrail, endommagé, fut raccommodé à Berne vers 1850. 1 Le Musée neuchâtelois en donne là reproduction (1879, p. 199) avec les écussons des donateurs, dont l'un est évidemment la bourgeoisie de Neuchâtel et l'autre pourrait- être celui de la famille Wallier, très influente à cette époque, et dont le second écusson rappellerait le blason. 2 La couleur authentique de l'écu de la commune d'Auvernier est azur.
Vitrail d’Auvernier. Il est la propriété actuelle de M. Alfred Mayor, descendant de la famille Junod, originaire d'Auvernier, qui possédait ce vitrail. Si la salle de la Communauté d'Auvernier était ornée d'un vitrail aux couleurs aussi riches, on peut se représenter les splendeurs des vitraux de communautés plus importantes, comme la Bourgeoisie de Neuchâtel, et ce rare exemplaire nous fait doublement regretter la disparition de ses semblables. Le troisième vitrail du XVIme siècle est celui de, la famille Bourgeois, portant l'inscription suivante: Henry Bourgeois 1507 et renouvellé par le sieur David Bourgeois Bauher et du Grand Conseil de la Ville de Neufchastel 1694. La partie centrale du vitrail, c'est les armoiries Bourgeois : d'azur à la croix d'argent, aux trois coupeaux de sinople en pointe. Les initiales du possesseur, H B, sont sur l'écu, ce qui se voit souvent à cette époque. L'écu est surmonté d'un heaume d'acier, avec lambrequins blancs et bleus, et comme cimier une figure humaine sans bras, vêtue d'un justaucorps bleu. C'est là la partie du vitrail qui date de 1507 : elle porte le cachet de l'époque. L'encadrement date de 1694, presque deux siècles plus tard: c'est le << renouvellement>> dont parle l'inscription ; il est formé des deux colonnes renaissance et de deux frises en haut et en bas., Celle du haut représente une chasse au sanglier, où cavaliers et piqueurs portent le costume. du XVIIme siècle, et celle du bas reproduit en petit les armoiries Bourgeois, accompagnées à droite et à gauche de l'inscription que nous avons indiquée. Ce vitrail est à Champagne près Grandson, propriété de M. Gustave, Jequier, descendant de la famille Bourgeois; il était autrefois dans la maison Meuron, actuellement le Foyer au passage Maximilien de Meuron. Dans un arbre généalogique de la famille Bourgeois, établi vers 1750 on remarque dans un angle la note suivante : << Il y a à la maison une vitre peinte, retirée du tirage, au nom de Henri Bourgeois. >> Cette mention a pour nous un grand intérêt, car c'est, semble-t-il, le seul souvenir qui nous reste d'une coutume tombée en désuétude au cours du XVIIme siècle, celle d'orner la salle des compagnies de mousquetaires de vitraux aux armes des membres de la corporation. A partir de 1600, les mousquetaires adoptent la coutume de panneaux armoriés peints sur bois de façon, sans doute, à mettre ce genre de monument commémoratif à la portée de toutes les bourses. Le vitrail représentait une dépense beaucoup plus considérable, et il est probable qu'on ne pouvait l'imposer à chaque membre de la compagnie. D'autre part, il y a tout lieu de croire que << la vitre peinte >> d'Henri Bourgeois n’était pas isolée dans la salle de tirage ; en tout cas, quelques années plus tard, Henri Il de Longueville donnait à la Compagnie des Mousquetaires de Neuchâtel un vitrail à ses armes ; restauré, il se trouve maintenant au Musée, où chacun peut le voir. L'écu est écartelé 1 et 4 Orléans-Longueville, d'azur aux 3 fleurs de lis d'or, au lambel et au bâton d'argent, et 2 et 3 Gonzague-Mantoue qui étaient les armes de sa mère ; au centre de l'écu, les chevrons de Neuchâtel. Ce vitrail aura sans doute orné le stand de la Compagnie des Mousquetaires auquel il était destiné. Y avait-il là d'autres vitraux aux armes de familles neuchâteloises ? Vitrail Bourgeois. C'est possible, et peut-être ceux dont nous allons parler y auraient-ils momentanément figuré. Avant de passer plus loin, rappelons encore trois beaux vitraux du XVIme siècle, celui du gouverneur Pierre Vallier, qui est au Musée national de Zurich, et deux vitraux neuchâtelois qui sont à la Collégiale de Berne ; celui de Claude d'Arberg, seigneur de Valangin, écartelé Neuchâtel-Boffremont, et celui de René de Challant, son beau-fils, où les armes de Challant sont écartelées avec celles de Claude dArberg et entourées du collier de l'ordre de l’Annonciade 1. 1 Voir Musée neuchâtelois, 1916, p. 39. Mais revenons à Neuchâtel où des vitraux plus modestes attire notre attention. Le plus ancien, du commencement du XVIIme sièçle qui est tout seul de son espèce, est un vitrail Evard portant cette inscription ; Abraham Evarre cousturier 1602. Au centre de cette inscription se trouve l'armoirie Evard, exactement reproduite dans l'armorial neuchâtelois de Mandrot. L'armoirie est de gueules, portant une sorte de trident de sable. La partie principale du vitrail représente, une scène biblique, le sacrifice d'Abraham elle est traitée naïvement Le patriarche est habillé comme les gens du peuple de l'époque, l’ange. retient de la main, au risque de se blesser, la lame du coutelas qui va frapper Isaac ; on voit le bélier retenu par les cornes dans le fond du, paysage, les collines sont surmontées de constructions au milieu desquelles on pourrait reconnaître la Croix du Calvaire. Un chapiteau triangulaire couleur brique surmonte la scène biblique, et au-dessus sont représentées deux scènes de tir, d'un côté un mousquetaire braquant son arquebuse, de l'autre un << cibarre >>, comme on dirait de nos jours, marquant les coups. Cette partie est la plus finement traitée ; l'auteur du vitrail semble avoir mis plus de soin à la petite scène de tir qu’au grand sujet biblique. Ce vitrail était probablement à Saint-Martin, d’où les Evard sont originaires ; de là il a modestement suivi d'autres vitraux plus en vue, dont nous parlerons plus tard. C'est ainsi qu'il est arrivé à la Borcarderie, vers 1830, et il est maintenant la propriété des héritiers de Mme Fréd. de Perregaux à Neuchâtel. Il lui est arrivé plus d'une mésaventure: il a été percé, contusionné, mais s'est remis de ses blessures. A Saint-Martin, ce vitrail devait-il décorer une salle de tir comme la scène du haut du vitrail semblerait l'indiquer, ou bien était-il destiné à une fenêtre de l’église ? En 1602, on n'est pas encore très éloigné, de la Réformation, et cette scène biblique, illustration de l'angoisse paternelle, rappellerait-elle peut~être une grave maladie ou un accident. auquel aurait échappé le fils d'Abraham Evard ; dans ce cas, ce vitrail aurait quelque analogie avec les ex-voto si nombreux dans les sanctuaires catholiques. Peut-être aussi est-ce simplement le nom d'Abraham du couturier Evard qui a donné l'idée de représenter la scène la plus connue de la vie du patriarche. En tout cas, ce vitrail devait être à l'église lorsqu'il, a quitté Saint-Martin, Puisqu'il a partagé, le sort des autres vitraux dont parlent les notices historiques de M. Quartier-la-Tente et de M. le pasteur Cornu 1, mais ni l'une, ni l'autre n'en fait mention. On a aussi fait la supposition, qu’il venait simplement de la maison de tir de Valangin qui subsiste encore, mais nous avons quelque peine à nous la représenter ornée de verrières colorées. 1 Musée neuchâtelois, t. XVI, p. 22. 
VITRAIL EVARD Ce vitrail n'est-il pas toute une révélation pour notre époque passionnée de démocratie, et d'égalité ? Voilà donc un de ces modestes habitants du Val-de-Ruz, gens taillables et corvéables à merci, que le Neuchâtel suisse nous représente agenouillés aux pieds de Dame Guillemette de, Valangin, qui, à peine cinquante ans plus tard, se paie un vitrail armorié. Et, il le fait avec discrétion ; il était revêtu sans doute de quelque charge publique dans sa commune, il ne la mentionne pas, se nomme, modestement << couturier >>, ses armoiries est sans, prétention. Dans tous les autres vitraux neuchâtelois du siècle, sans exception aucune, se trouvent des armoiries, invariablement surmontées du casque, puis du cimier sur le casque entouré à droite et à gauche des lambrequins rappelant les couleurs de l'écu. Ici, rien de semblable ; en 1602 déjà, c'est la simplicité républicaine : le couturier Abram Evard a des armoiries de famille il y tient mais il ne se pare pas des plumes du paon, car il est campagnard et paysan ; mais il est homme libre, et ses simples armoiries, sans ornement extérieur, sous la scène biblique et la scène de tir, a un cachet de dignité démocratique et de grandeur civique qui ne doit pas passer inaperçu. C'est un Neuchâtelois de bonne souche, homme libre qui tient à ses franchises et les affirme modestement. Un autre vitrail, probablement aussi du commencement du siècle, est celui d'Elie Bugnot; une partie de l'inscription a été brisée et perdue il ne reste que les deux premiers chiffres du millésime; voici ce qui reste de l'inscription: Elie Bugno... Recepveur d... et de Thielle... tenant en la Justi... 16... Au-dessus de l'inscription est un écu d'azur, au globe terrestre d'or surmonté d'une croix. Le cimier de l'écu est une figure humaine en costume de pèlerin, ayant à sa ceinture le globe de l’écu. Une banderole, qui fait de nombreux plis autour du pèlerin, porte comme devise : Nous ne somes que povres et voiagers en ce monde; mais ce dernier mot est remplacé, comme en un rébus, par le globe qui est à la ceinture du pèlerin,. Des scènes de la vie du prophète Elie entourent le vitrail : à gauche, il est nourri par les corbeaux ; en haut c'est son enlèvement au ciel ; à droite, un ours dévore un jeune homme aux pieds d'un vieillard ; C’est une scène de la vie d'Elisée qu'on a attribuée à Elie. Ce vitrail d'un aspect sévère, était au château de Travers ; les Bugnot étant apparentés aux Sandoz-Travers ; de là il a passé à la cure des Ponts,, où il ornait le cabinet de travail du pasteur Albert de Pury, dont la mère était une Sandoz-Travers, et maintenant il est à Vieux-Châtel chez Mme Barrelet-de Pury. 
Vitrail Bugnot Le troisième vitrail du XVIIme siècle est celui du Dr Kraft. Voici l’inscription : Jean Jaques Kraft docteur en Médecine à Neuchâtel 1612. L’écu porte d’argent à la feuille de trèfle de sinople à la tige contournée ; le casque de l’écu est surmonté comme cimier d’un bras vêtu de sinople tenant une feuille de trèfle ; à droite et à gauche, lambrequins argent et sinople. Le haut du vitrail est partagé en cinq petits panneaux égaux : dans chacun d’eux est représenté un personnage aux vêtements flottants, la tête entourée d’une auréole de forme étrange, et de grandeur démesurée. 
Vitrail Kraft Dans le premier panneau, ce personnage est devant des nuages; dans le deuxième, en face d'eau et d'arbres; dans le troisième, il a devant lui le soleil et les étoiles ; dans le quatrième, des poissons et des oiseaux ; dans le cinquième, enfin, il est devant un homme endormi, de la poitrine duquel il tire un corps de femme. Nous nous trouvons évidemment en face de scènes de la Création naïvement représentées. A droite et à gauche du vitrail, quatre autres panneaux de même grandeur illustrent l'usage de nos sens, l'explication est du reste donnée : Visus, Auditus, Odoratus, Gustus. La vue, c'est un docteur qui examine l’oeil d'une patiente ; l'ouïe, le docteur écoute les pulsations du cœur de son malade ; l'odorat, la patiente fait sentir une fleur à son docteur, et le goût, elle lui donne un fruit à manger. Le panneau de l'ouïe était cassé ; M. Heaton l'a fort.bien réparé ; on se doute à peine que cette partie est moderne. Le Dr Kraft exerçait sa profession à Neuchâtel au commencement du XVIIme siècle. Les Comptes de, la bourserie de la ville de Neuchâtel portent, en 1604, les deux articles suivants: <> On a retrouvé au château d'Auvernier les comptes détaillés d'une cure faite aux bains de Bons, près Avenches, par Abraham Chambrier. Au commencement de ses comptes, celui-ci écrit : << Mesné avec moy Mons. Kraft, docteur en médecine, et Françon pour mon cuisinier. >> La cure a duré 22 jours: <>, écrit-il encore. Les liens d'affection entre Abram Chambrier et son docteur devaient, être bien étroits, et telle scène du vitrail rappelait sans doute les soins prodigués par le fidèle Esculape. Il n'est pas étonnant dès lors que ce vitrail Kraft se trouve au château de Cormondrèche, résidence actuelle de la famille Chambrier, où sont encore d'autres vitraux Chambrier dont nous allons parler. Le plus ancien porte l'inscription suivante : Noble Pierre Chambrier lieutenant receveur général au Comté de Neuchâtel 1608. L'écusson Chambrier est au centre, avec le cimier et les lambrequins ; au-dessus est un Amour, à droite et à gauche des figures allégoriques, la Justice et la Renommée. Ce vitrail a été cassé, des fragments se sont égarés, mais M. Heaton l'a très ingénieusement réparé en rapprochant la partie du haut de celle du bas, sans que cela défigure trop le vitrail. Il a des couleurs remarquablement douces et paraît être l'ouvrage d'un des. verriers les plus habiles de cette époque. 
Vitrail Chambrier Deux autres vitraux Chambrier datent de 1611 ; voici leurs inscriptions : Junker Isaac Chambrier 1611 et Ju[n]ker Abraham Chambrier 1611. Ils se ressemblent, ont la Justice et la prudence comme figures allégoriques ; ils ont aussi été endommagés, il a fallu les réparer ; aussi telle partie du vitrail est composée de fragments juxtaposés qui, de loin, font bon effet quant à la couleur générale, mais, de près, ne présentent plus de dessin très précis. Le quatrième vitrail Chambrier, celui-là intact et sans aucune retouche, se trouve à la maison Chambrier, place des Halles. 
Vitrail Gaudot L'inscription est : N. Pierre Chambrier, conseiller d'Estat et maire de Neufchastel 1653. Des figures symboliques, la Paix et la Guerre, accompagnent l'écusson ; au sommet du vitrail est une frise représentant un paysage de ville, devant lequel un chasseur tire des canards. Ce sujet indiquerait-il que ce vitrail, très finement travaillé, était destiné à une salle de mousquetaires ? Il existe encore à Cormondrèche le centre d'un vitrail Chambrier dont les accessoires, l'inscription et la date ont disparu ; comme la croisette, surmontant d’ordinaire le chevron de sable de l’écu, manque, on pourrait penser que ce fragment est d’époque postérieure. Un autre vitrail, datant du milieu du siècle, est celui de Maurice Tribolet. Voici l'inscription : Maurice Tribolet maître bourgeois et secrétaire de ville à Neuchastel en 1658. L'écu Tribolet, de gueules à deux chevrons d'or, est surmonté du casque avec un lion comme cimier, et les lambrequins, fait unique, sont de trois couleurs, rouge, or et bleu. Les Archives héraldiques qui décrivent ce vitrail laissent supposer que l'azur des lambrequins est un acheminement à la transformation qui s'est opérée plus tard dans les armes de la famille Tribolet ; elle a changé la couleur gueules de ses armoiries en azur pour rappeler l'écu d'azur fleurdelisé de France qui avait davantage ses sympathies. Des figures allégoriques, probablement la Guerre et la Paix avec le rameau d'olivier, des vases de fleurs entre des colonnes et au sommet un canon braqué sur une forteresse complètent ce vitrail. Les rouges et les jaunes sont chauds et doux, les bleus et les verts intenses le tout forme une très belle harmonie de couleurs. Ce vitrail est chez M. le professeur de Tribolet, au Faubourg du Château. Le vitrail Gaudot, datant de, cinq années plus tard, est aussi très finement travaillé Samuel Gaudot cytoyen de Besanson bourgeois de Neufchastel moderne recepveur pour Son Altesse en la Chastellanie de Thielle 1663. Le personnage allégorique, à la gauche de l'écu, tient une sorte de longue clef dont on ne comprend pas l'usage; celui de droite tient un livre. Un canon et une forteresse forment le sommet du vitrail les Gaudot étaient, parait-il, canonniers à Besançon, leur vitrail le rappelle. Comme le précédent, devait-il décorer une salle de tir ? Il a passé par héritage de la famille Gaudot dans la famille de Perregaux, qui le possède actuellement. Un vitrail Montmollin semble être aussi de la même époque, puisqu'il est aux anciennes armes de la famille, le moulin à vent; mais celui-ci est sur fond d'azur et non pas sur sable comme d'ordinaire. Comme ces anciennes armoiries ont été abandonnées dans le milieu du XVIIme siècle et que le vitrail ne porte ni inscription ni date, on peut présumer qu'il appartient plutôt à la première moitié, du siècle. Le haut du vitrail est décoré de deux Amours, les figures allégoriques de droite et de gauche sont nommées Virtus et Honor, mais, détail piquant, Virtus marche sur une tortue et Honor sur un escargot. Ce vitrail était dans la maison Marthe, à Cormondrèche; il est maintenant chez M. Jean de Montmollin. 
Vitrail Montmollin Là se trouve aussi un autre vitrail Chambrier, de la même grandeur, aussi sans inscription et sans date; il a été trouvé cassé au château d'Auvernier et réparé assez maladroitement ; il fait maintenant pendant au vitrail Montmollin. Ces vitraux ont tous à peu près la même grandeur, environ 30 centimètres de hauteur sur 20 de largeur. C'étaient les dimensions les plus usuelles dans la première partie du siècle. Il existe deux exemplaires de vitraux beaucoup plus petits, 10 centimètres sur 10. Ces vitraux ne contiennent que l'écusson avec cimier et lambrequins ; l'un aux armes Merveilleux au Pertuis du Soc, l'autre aux armes Chambrier à Cormondrèche. L'un porte cette inscription : M. Jean Jaques Merveilleux banneret de la ville de Neuchâtel 1660. L'autre: M. Daniel Chambrier lieutenant et du Conseil de ville de Neuchâtel 1660. Un morceau de petit vitrail se trouve aussi dans les archives Merveilleux ; l’armoirie est inconnue: d'azur au pal d'or, au chef d'or chargé d'une étoile d'azur. L'étoile est accompagnée deux I sans doute initiales du propriétaire. Peu de vitraux chez nous portent les armoiries accolées du, mari et de la femme, comme cela se voit si, fréquemment ailleurs. Noue connaissons que quatre vitraux neuchâtelois où les armoiries des conjoints sont juxtaposées. Un vitrail Petitpierre qui décore l'église de Couvet: Claudy Petitpierre bourgeois de Neuchâtel et maire pour son Altesse aux Chaux d'Etaillières et Madeleine de Montmollin sa femme 1659. Le peintre Bachelin, qui a fait une notice sur ce vitrail dans le Musée neuchâtelois de 1881, trouve, avec raison, qu'il n’a pas l'originalité et l'abondance de certaines compositions, du même genre. La figure qui tient la balance doit vraisemblablement représenter la Justice, l'autre figure est indécise. A Constantine, au Vully vaudois, se trouvent deux vitraux Pury d'un travail fin et soigné. Voici les, inscriptions: Jehan Pury notaire bourgeois de Neuchâtel maire pour son Altesse en la justice de Boudevilliers cy-devant Recepveur des 4 Meyries âgé, de 83 ans et Madeleine, Girard sa femme 1680. L'autre : M. Jehan Jaques Pury l'aîné Boursier secrétaire de ville et du conseil étroit de la ville de Neuchâtel et Dame Sara de Thielle sa femme 1687. Les deux premiers écus Pury allié Girard sont surmontés d'un seul casque dont le cimier est le singe enchaîné de l'armoirie Pury ; la figure, allégorique de gauche tient une grande clef, celle de droite un livre ; les colonnes qui ferment le vitrail sont surmontées de coupes remplies de fruits très finement dessinés. Sur l'autre vitrail Pury allié de Thielle, chaque écu a son casque, le premier surmonté du singe, le second d'un vol d'azur; il n'y a point de figure allégorique, mais dans le haut du vitrail sont deux paysages, maritimes : dans l'un navigue une jolie embarcation à voile déployée, sur l'autre un canon est braqué sur le rivage. Les Pury possédaient alors le château de Constantine, et c'est ainsi que ces vitraux se trouvent dans l'église du village. Nous rappellerons aussi le vitrail Merveilleux allié Wurstenberger, qui est actuellement dans cette dernière famille à Berne ; il est sans doute d'origine allemande, mais puisqu'il s'agit d'un Merveilleux, nous pouvons le revendiquer comme vitrail neuchâtelois. Nous approchons maintenant de la fin du siècle, les vitraux vont, s'agrandissant comme nous le verrons dans les exemplaires dont il nous reste à parler. La monographie du village de Saint-Martin, dont M. Quartier-la-Tente est l’auteur, ainsi, que l'Essai historique du pasteur Cornu, déplorent l'un et l'autre que la commune se soit dessaisie des vitraux qui, faisaient l'ornement de l'église. Heureusement que ces vitraux se retrouvent tous ; pas un ne s'est cassé ou perdu. On comprend qu’à Saint-Martin on dut les regretter, car quatre d'entre eux se faisaient un superbe vis-à-vis et leur ensemble devait être très décoratif. Assez grands, 54 centimètres de haut sur 40 de large, aux teintes vives, ils devaient certainement égayer le sombre édifice, lorsque les rayons du soleil passaient au travers de leurs brillantes couleurs. Ces vitraux sont tous les quatre de la même facture, la disposition des quatre est exactement la même. Voici leurs inscriptions : François Pierre d'Affry gouverneur et lieutenant général de la souveraineté de Neuchastel et Vallangin conseiller d'Estat de la ville et canton de Fribourg 1685. Georges de Montmollin conseiller d’Etat et chancelier de S. A. S. Monseigneur le duc de Longueville en la souveraineté de Neuchastel et Vallengin 1685. Henri Tribolet Hardy conseiller d'Estat et mayre de la ville de Neuchastel pour son Altesse serene de Longueville 1685. Abram Chambrier conseiller d'Estat et maire de Vallengin pour son Altesse serenissime de Longueville 1685. Les quatre écus sont traités de même, entourés d'un cartouche, surmontés d'un casque ; celui du gouverneur est couronné ; les cimiers sont ceux de chaque famille, les supports sont partout des lions d'or, sauf à Montmollin où ce sont deux sauvages. A droite et à gauche se dressent des colonnes aux couleurs assez vives, reposant sur un socle carré orné différemment; au sommet des colonnes se trouvent des figures allégoriques toutes différentes portant leurs emblèmes Pour d'Affry, Clementia avec une épée et la branche d'olivier, et Munificentia portant dans un nid une << pieta >>, c'est-à-dire un oiseau nourrissant ses petits de son sang; pour Montmollin, une Justicia aux yeux bandés avec une épée et une balance, et Prudentia avec miroir et serpent pour Tribolet, Temperentia tenant une cruche se vidant à fil, et Fortitudo supportant une lourde colonne ; pour Chambrier, enfin, Fides tient un livre et Spes une ancre. Comment ces quatre vitraux se trouvaient-ils à l'église de Saint-Martin ? Voici la réponse à cette question. On lit dans les Manuels du Conseil d'Etat de Neuchâtel en date du 6 août 1684, donc un an avant la date des vitraux : Sur la requête des gouverneurs et communiers de la communauté de Chézard et Saint-Martin, à ce qu'il plaise à la Seigneurie leur faire l'honneur de leur donner un écusson des Armes de son Altesse-serenissime pour mettre aux vitres de leur Eglise qu'ils ont fait ragrandir, il a esté dit.,qu’on leur en donnera un semblable à celuy qu'on a mis à l'Eglise de Savagnier. On a dû, en effet, donner des vitraux à l'église de Savagnier, preuve en est la note suivante : Il a été permis à ceux de Savagnier de faire une fenêtre à leur nouveau temple et y mettre les armes et écusson de Son Altesse, et que le sieur Chambrier, procureur général, mettra en exécution. ― Du 18 avril 1653 1. Les vitraux de Savagnier ont complètement disparu; quant à ceux de Saint-Martin, nous pouvons supposer que le souverain étant alors l'abbé d'Orléans, atteint de maladie mentale, on a remplacé son écusson par ceux du gouverneur, du chancelier, du maire de Neuchâtel et du maire de Valangin. C'est un petit acheminement vers l'idée républicaine ; les armes du souverain sont remplacées par celles des membres du gouvernement. La communauté de Chézard - Saint-Martin paraît s'en être contentée et elle les conserva en un majestueux accord jusqu’en 1830 où, contre finance, elle les laissa partir. Les vitraux d'Affry et Montmollin sont aujourd'hui à la Borcarderie, le vitrail Tribolet au Faubourg du Château et le vitrail Chambrier à la place des Halles ; malheureusement ce dernier a été encadré d’un verre rouge et jaune qui le dépare d'une manière fâcheuse. M. le pasteur Cornu a trouvé à Saint-Martin un fragment de vitrail aux armes de la famille Brun et l'a donné au Musée ; il ne reste que l'écu le casque et le cartouche entourant l'écu. Ces débris rappellent d'une manière frappante les quatre vitraux dont nous venons de parler; ils doivent être en tout cas l'ouvrage du même verrier. Dans son Essai historique, M. le pasteur Cornu se félicite de ce que le vitrail, de la Bourgeoisie de Valangin soit au moins resté à Saint-Martin. Hélas ! lui aussi a déserté son poste et fait bonne figure maintenant au Musée de Neuchâtel, qui, m'a-t-on assuré, en a redonné une copie à l'église de Saint-Martin. Cette église possédait encore un vitrail de Boyve, d'où il aurait passé à l'église de Cernier ; il porte l'inscription suivante : Jonas Boyve pasteur de l'Eglise de Saint-Martin et doyen de la vénérable classe de Neuchâtel et Valangin 1691. 1 Manuel du Conseil d'Etat, vol. 15, p. 86 
Vitrail du gouverneur Vitrail du chancelier 
Vitrail du maire de Neuchâtel Vitrail du maire de Valangin Les armes de la famille de Boyve sont soutenues de chaque côté par un personnage en costume de sacrificateur, un encensoir à la main. Ce vitrail est traité en grisaille et se trouve actuellement à Nîmes au midi de la France, où réside le chef de la famille de Boyve 1. L'église de Fontaines a aussi possédé deux vitraux aux armes Tribolet et Montmollin; ils sont de même grandeur et du même genre que ceux de Saint-Martin, mais moins finement décorés. Ce sont les mêmes inscriptions, seulement datées non de 1685, mais de 1688. Ces vitraux ont été endommagés, et, lors d'une maladroite réparation, les deux inscriptions ont été interverties et les deux casques ornés de disgracieuses plumes rouges, bleues et violettes. En 1913, lors de la réparation de l'église de Fontaines, l'un de ces vitraux fut acheté par le professeur de Tribolet, et l'autre par le colonel Georges de Montmollin. Les Archives héraldiques de l'an 1888 parlent d'un vitrail de la commune de Cressier qui se trouve au Musée de Fribourg. Le champ supérieur de l'écu est formé des armes de Neuchâtel, comme aux armoiries de Boudry et du Landeron ; le champ inférieur est d'azur à un C d'argent. La vierge avec l'enfant est au-dessus de l'écu, Saint-Sébastien et Saint-Martin à droite et à gauche, au bas l'inscription La Commune de Cressier en la Comté de Neuchâtel en 1674. J'ai encore à mentionner le vitrail de Jaques-François de Neufchatel, baron de Gorgier et de Travers, 1670. Le Musée de 1900, page 75, en donne le dessin et la description il est actuellement au château d'Oberhofen, sur le lac de Thoune. Voilà bien près d'une trentaine de vitraux dont nous avons pu faire la recension. Peut-être en existe-t-il d'autres, comme ce fragment de vitrail au dessin informe daté de 1430, et ces fragments d'un vitrail Rognon daté de 1689 qui existaient à Cernier et dont parle M. le pasteur Châtelain dans le Musée neuchâtelois de 1881. Et maintenant la grande question. Quels sont les peintres verriers qui sont les auteurs de ces vitraux ? Ces vitraux ont-ils été faits chez nous ou à l'étranger ? On dit communément qu'il n'existait point de verriers à Neuchâtel. Cependant M. le Dr Lehmann nomme des verriers neuchâtelois ; au XVIme siècle, il n'y en avait pas moins de six à Neuchâtel : Jacob Wildermut, un certain Loys, Jaques Massonde et Guillaume Pury ; on nomme aussi les maîtres Pierre et Jean Vefve. Dans ce temps-là, qui faisait du verre le colorait aussi, inhabilement peut-être. 1 Voir Musée neuchâtelois, 1881, p. 244. Mais parfois avec une maîtrise magnifique. Le vitrier et le verrier étaient alors un seul. et même personnage. Il y avait donc chez nous assez d'artistes pour confectionner la trentaine de vitraux. dont nous avons parlé, plus tous les autres qui ont disparu. Il faudrait faire une étude approfondie et comparer nos quelques vitraux neuchâtelois avec ceux de nos voisins bernois et fribourgeois ; ces derniers surtout en possèdent dans leur Musée une collection superbe. Je n'ai pu constater sur aucun de nos vitraux une signature d’auteur, sauf sur le fragment du vitrail Merveilleux ; et c'est le seul, ,avec celui de la Commune d'Auvernier, dont l'inscription soit en lettres gothiques, toutes les, autres étant en lettres latines. Cela suffirait-il pour attribuer à ces deux seuls vitraux une origine suisse allemande, tandis que tous les autres auraient été faits chez nous ? Il semble parfois aussi qu'ils ont été fabriqués comme par fournées ; quand ils portent la même date, ils se ressemblent d'une manière frappante. Les quatre de Saint-Martin de 1685, et les deux de Fontaines de 1688, de même que les deux petits Merveilleux et Chambrier de 1660 nous le prouvent ; ils paraissent même avoir été réparés en fabrique, comme les deux de Fontaines, que la même main malhabile a retouchés. Dans ces temps-là, où les communications n'étaient ni faciles, ni fréquentes, ne peut-on pas supposer que la plus grande partie de nos vitraux neuchâtelois a été travaillée chez nous, puisqu'il n'y avait pas moins de six maîtres verriers à Neuchâtel, ? Je ne prétends pas trancher la question, mais je pencherais plutôt pour cette solution. Je remarquerai encore qu'il n'existe aucun vitrail portant le millésime du XVIIIme siècle ; ce siècle a complètement perdu le goût de ce genre d'ornementation, c'est le siècle où on permettait aux gamins de jeter des pierres aux vitraux. Ce qui alors paraît avoir eu la vogue, ce sont les verres incolores ; on les gravait avec beaucoup de dextérité, et notre Musée en possède un certain nombre d'exemplaires. Le vitrail de Boyve, traité en grisaille, qui est le dernier du siècle précédent, de 1692, ferait la transition entre ces deux genres. Au commencement du XIXme siècle, il existait encore de fort beaux vitraux dans l'église de Boudry; en 1842, ils furent offerts au roi Frédéric-Guillaume IV lors de sa visite dans la Principauté. Mais le roi ne les accepta pas, disant avec beaucoup d'à propos que des objets de ce genre devaient rester là où ils étaient. Que ne les a-t-il acceptés ! Ils existeraient encore; tandis que, relégués dans les combles de l'hôtel de ville de Boudry, ils n'ont pas tardé à se briser, et les enfants allaient en piller les fragments. Ce sont les Archives héraldiques qui racontent cela. Peu à peu cependant, l'intérêt pour le vitrail colorié apparaît de nouveau ; je n'en connais qu'un datant du commencement du XIXme siècIe c'est un vitrail Pourtalès évidemment copié des vitraux de l’église de Saint-Martin. Nous arrivons vers 1860, c'est la restauration de la Collégiale, dont les vitraux ont donné lieu à bien des critiques. Quelques particuliers, avec plus ou moins de goût, ornent leurs demeures de vitraux, notre peu esthétique Temple du Bas s'en est même accordé. A la fin du siècle apparaît le verrier distingué M. Heaton ; il a remis cet art en honneur. Bien des églises ont été dotées de vitraux presque dignes de ceux d'autrefois ; et tandis que les vitraux modernes se multiplient, M. Ls Reutter, grand amateur de choses antiques, a parcouru le pays à la recherche de vieux vitraux qui seraient. restés ignorés ; sa recherche a été vaine ; mais je tiens à lui témoigner ici toute ma reconnaissance. Nous sommes au XXme siècle. Ils ne datent que de trois siècles les vitraux qui nous ont, occupés ; c'est peu, comparé au nombre de siècles qui ont passé sur les vestiges de l'époque romaine, aux quarante siècles des palafittes trouvés à la Tène ou ailleurs, aux milliers de siècles accumulés sur les ossements de la Grotte de Cotencher qui occupent actuellement l'attention ; et cependant ces trois siècles ont suffi amplement pour faire disparaître quantité d'objets, même de nature moins fragile. que des vitraux. Chez un particulier, un vitrail ne résiste, guère à un, déménagement. Que de soins exige le transport d'un meuble aussi délicat ! Les vitraux pouvaient être nombreux dans beaucoup de familles de notre pays à la fin du XVIIIme siècle, mais en face de l'indifférence générale ils ont disparu peu à peu. Plusieurs n'apprécient pas leurs teintes irisées et encore moins la pénombre qu'ils projettent dans les appartements ; les hygiénistes leur font la guerre, car le châssis qui porte un vitrail doit être stable, l'ébranlement d'une fenêtre qui, s'ouvre et se referme leur est fatal ; mais ce n'est pas une raison pour les mépriser. Encore une fois, si vous connaissez un vitrail antique, entourez le de grandes précautions, car, dit Corneille, ... comme il a l'éclat du verre, Il en a la fragilité. Pierre de MONTMOLLIN.
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Olivier
J'avais enlevé le bcode sauf aux images, c'est assez bizarre,
Pierre
Amitiés,
Olivier
Le fichier *pdf normal ou pas.
Amitiés
Pierre
J'encourage d'autres rédacteurs à venir s'enregistrer et poster leurs propres articles !
Merci à tous !!