{"id":4960,"date":"2021-05-05T18:45:59","date_gmt":"2021-05-05T16:45:59","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sngenealogie.ch\/wp\/?page_id=4960"},"modified":"2021-08-04T19:31:06","modified_gmt":"2021-08-04T17:31:06","slug":"laffaire-frederic-hilaire-baillod","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.sngenealogie.ch\/wp\/bulletins\/bulletin-47\/laffaire-frederic-hilaire-baillod\/","title":{"rendered":"L&rsquo;affaire Fr\u00e9d\u00e9ric Hilaire Baillod"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-page\" data-elementor-id=\"4960\" class=\"elementor elementor-4960\">\n\t\t\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-5a84efbd elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"5a84efbd\" data-element_type=\"section\" data-e-type=\"section\" data-settings=\"{&quot;background_background&quot;:&quot;gradient&quot;}\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-no\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-63b5b646\" data-id=\"63b5b646\" data-element_type=\"column\" data-e-type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-3ad4b06d elementor-widget elementor-widget-heading\" data-id=\"3ad4b06d\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"heading.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<h5 class=\"elementor-heading-title elementor-size-default\">Bulletin 47 \/ D\u00e9cembre 2012<\/h5>\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-631545da elementor-widget elementor-widget-heading\" data-id=\"631545da\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"heading.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<h2 class=\"elementor-heading-title elementor-size-default\">Qui est pris qui croyait prendre<br>\nL'affaire Fr\u00e9d\u00e9ric Hilaire Baillod<\/h2>\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-14449c0a elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"14449c0a\" data-element_type=\"section\" data-e-type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-7e2fb03\" data-id=\"7e2fb03\" data-element_type=\"column\" data-e-type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-846be77 elementor-widget elementor-widget-heading\" data-id=\"846be77\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"heading.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<h4 class=\"elementor-heading-title elementor-size-default\">par Germain Hausmann<\/h4>\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-c9878b2 elementor-widget elementor-widget-spacer\" data-id=\"c9878b2\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"spacer.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-spacer\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-spacer-inner\"><\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-2448b3e elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"2448b3e\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p><em>J\u2019ai d\u00e9couvert aux Archives de l&rsquo;\u00c9tat de Neuch\u00e2tel, dans la s\u00e9rie des Cartons\u00a0bleues, sous-s\u00e9rie des ill\u00e9gitimes, dossier n\u00b0 5\/15, la petite aventure que je vais\u00a0vous rapporter, car je pense qu\u2019elle vous amusera :<\/em><\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-6ebd499 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"6ebd499\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p>Cela commence en 1760. Une fille de bonne famille, Susanne Marguerite Baillod, de la famille des d\u00e9tenteurs du fief de Bellevaux, devient enceinte, \u00a0mais elle nie sa grossesse, \u00e0 son entourage d\u2019abord, \u00e0 elle-m\u00eame ensuite. Elle subit un de ces accouchements impromptus qui ont d\u00e9fray\u00e9 la chronique l\u2019an pass\u00e9. Ce \u00a0n\u2019est pas d\u2019aujourd\u2019hui que ces choses arrivent.\u00a0<\/p><p>Actuellement, la naissance d\u2019un enfant sans p\u00e8re est un fait courant, plus personne\u00a0n\u2019y voit p\u00e9ch\u00e9, c\u2019est m\u00eame presque la r\u00e8gle. Autrefois, ce n\u2019\u00e9tait pas le cas. La\u00a0honte s\u2019abattait sur la famille. L\u2019opprobre collait \u00e0 la m\u00e8re indigne ou \u00e0 l\u2019enfant\u00a0innocent. Voici quel stratag\u00e8me inventa la malheureuse fille, ou plus s\u00fbrement, sa\u00a0m\u00e8re pour se d\u00e9p\u00eatrer de ce mauvais pas :\u00a0<\/p><p>\u00ab\u00a022 janvier 1760 [NB. : <em>Ce texte a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit dix jours apr\u00e8s les faits<\/em>] : D\u00e9claration de\u00a0demoiselle Susanne Marguerite Bailliods et de dame Susanne Baillods, sa m\u00e8re [NB. : <em>Si ces personnes sont qualifi\u00e9es de demoiselle et de dame, ce n\u2019est par hasard, cela montre qu\u2019elles sont nobles et appartiennent au meilleur monde<\/em>].<\/p><p>\u00ab\u00a0Je soussign\u00e9e, Susanne Marguerite Bailliods, d\u00e9clare qu\u2019ensuite des sollicitations r\u00e9it\u00e9r\u00e9es depuis pass\u00e9 six\u00a0ann\u00e9es de la part de Monsieur d\u2019Ivernois, procureur g\u00e9n\u00e9ral, [NB : <em>C\u2019\u00e9tait un oncle par alliance de la future maman, cf. renseignements g\u00e9n\u00e9alogiques en fin de cette article<\/em>] suivies de menaces de confondre ma famille si je ne me rendois \u00e0\u00a0ses d\u00e9sirs, j\u2019eu en\ufb01n le malheur de m\u2019abandonner a luy dans la salle de sa maison.\u00a0<\/p><p>\u00ab\u00a0M\u2019\u00e9tant plainte a luy \u00e0\u00a0diverses fois que je me croyois enceinte, mais, sur les assurences qu\u2019il me donnoit que les \ufb01lles \u00e9toyent sujettes \u00e0\u00a0bien des r\u00e9volutions, je devois \u00eatre trenquille [NB. : <em>L\u2019\u00e9ducation des filles \u00e9tant au XVIIIe si\u00e8cle encore tr\u00e8s sommaire, l\u2019orthographe est quelques fois malmen\u00e9e par la r\u00e9dactrice de ce texte, ainsi que la grammaire. Nous sentons bien que nous avons ici affaire \u00e0 un r\u00e9cit oral, plus qu\u2019\u00e0 un texte \u00e9crit<\/em>]. Ma sant\u00e9 \u00e9tant d\u00e9labr\u00e9e pendant tout l\u2019\u00e9t\u00e9, j\u2019ay \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9e de prendre de petits rem\u00e8des, me flatant par ce moyen de la r\u00e9tablir.\u00a0<\/p><p>\u00ab\u00a0Jusques \u00e0 ce que, sur le samedy dousi\u00e9rne de ce mois, environ trois heures du matin, je me cru ataqu\u00e9e d\u2019une violante colique et ayant appell\u00e9e ma m\u00e8re, elle envoya chercher la Suson Brecel pour me donner des lavemens en vue de me soulager. Le premier lavemens n\u2019ayant fait aucun effet, an envoya chercher Monsieur le docteur d\u2019Ivernois qui ordonna des r\u00e9it\u00e9r\u00e9es lavemens pour arr\u00eatter cette mauvaise colliques; et on me fit boire de l\u2019huille et de la camomille. Ensuite, Monsieur le docteur d\u2019lvernois s\u2019en alla et la Suson Br\u00e9cel qui, apr\u00e8s avoir donn\u00e9 le troisi\u00e8me lavement, se retira, croyant cette colique a sa fin. [NB. : <em>Notez bien que ni la m\u00e8re, ni l'\u00a0\u00bbinfirmi\u00e8re\u00a0\u00bb, ni le m\u00e9decin, tous gens d&rsquo;exp\u00e9rience et de m\u00e9tier, ne voient pas que cette fille est grosse et qu\u2019elle va accoucher. Sans doute, elle ne pr\u00e9sentait pas les signes ext\u00e9rieurs de son \u00e9tat et son ventre n&rsquo;\u00e9tait pas plus rebondi que d&rsquo;habitude. Quant \u00e0 la future m\u00e8re, elle ne semble pas avoir compris sa situation, confort\u00e9e par l&rsquo;opinion de son entourage<\/em>].<\/p><p>[p. 2] \u00ab\u00a0Et, une demy heure apr\u00e8s, environ trois heures apr\u00e8s midy [NB : <em>soit douze heures apr\u00e8s les premi\u00e8res contractions<\/em>], les douleurs de l\u2019acouchement surviennent. \u00c9tant seule dans ma chambre, j\u2019acouchay en poussant un cris aigu qui engaga ma m\u00e8re \u00e0\u00a0entrer dans l\u2019apartement. Je d\u00e9claray alors \u00e0\u00a0ma m\u00e8re que Monsieur le procureur g\u00e9n\u00e9ral en \u00e9toit le p\u00e8re; ce qui l&rsquo;engaga \u00e0\u00a0envoyer ma soeur Anne Marguerite ches Monsieur l&rsquo;avocat g\u00e9n\u00e9ral Gaudot (o\u00f9\u00a0il [i.e. <em>le procureur g\u00e9n\u00e9ral d&rsquo;Ivernois<\/em>] \u00e9toit) pour l&rsquo;informer. Lequel ayant voulu nier le fait, elle fut oblig\u00e9e de le menacer, apr\u00e8s quoy il promit de monter. Ce qu&rsquo;il effectua un moment apr\u00e8s, \u00e9tant dans la derni\u00e8re consternation. Ensuite, il conseilla de d\u00e9poser cet enfant dans l&rsquo;entr\u00e9e de sa maison et qu&rsquo;on devoit sonner; qu&rsquo;il auroit soin de cet enfant et que personne n&rsquo;en auroit connoissance. Ce qui, ayant \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9 par ma s\u0153ur Anne Marguerite, acompagn\u00e9e de notre servante, conform\u00e9ment \u00e0 ses ordres environ les huit heures du soir du m\u00eame jours. [NB. : <em>Au XVIIe si\u00e8cle, on avait\u00a0coutume d&rsquo;amener l&rsquo;enfant ill\u00e9gitime au domicile de son p\u00e8re pour faire pression sur lui et pour qu&rsquo;il reconnaisse sa paternit\u00e9 devant t\u00e9moins et au vu de tous. Au XVIIIe, cette pratique est interdite et fort mal vue, car elle cr\u00e9e du d\u00e9sordre dans l&rsquo;ordre public. En plus elle court-circuite les tribunaux.<\/em>]\u00a0<\/p><p>\u00ab\u00a0Et moy, Susanne Esabeau Schouffelberguer, sa\u00a0m\u00e8re, d\u00e9clare [<em>p. 3<\/em>] que j&rsquo;ai sur la fin de la grossesse de ma fille soupconn\u00e9 son \u00e9tat et je ne pu [faire]de moin que que de luy adresser les exortations les plus s\u00e9rieuses \u00e0 ma fille qui continuoit cependant de nier jusqu\u2019\u00e0 ce que le malheureux acouchement est intervenu, atestant la v\u00e9rit\u00e9 de tous les faits raport\u00e9 qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 et suivi l&rsquo;acouchement. Ensuite de laquelle d\u00e9claration, nous prenons la libert\u00e9 de conjurer Monsieur le maire de faire cesser toutes poursuites ult\u00e9rieures dans l\u2019objet des recherches tant des couches clandestines que par aport \u00e0 l&rsquo;exposition dudit enfant.\u00a0<\/p><p style=\"padding-left: 40px;\">[sign\u00e9] Susanne Bailliodz n\u00e9e Schouffelberguer\u00a0<\/p><p style=\"padding-left: 40px;\">[sign\u00e9] Susanne Marguerite Bailliods\u00a0<\/p><p>[<em>NB : Tout ce r\u00e9cit a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit par la m\u00e8re, l&rsquo;\u00e9criture de la fille est assez diff\u00e9rente comme le montre sa signature<\/em>]<\/p><p>Mais les deux comploteuses n&rsquo;avaient pas pr\u00e9vu qu&rsquo;il y aurait un os. Le p\u00e8re putatif se d\u00e9fend comme un beau diable. Ses relations et son habitude d&rsquo;\u00e9voluer dans les plus hautes sph\u00e8res de l&rsquo;Etat lui permettent de se d\u00e9fendre efficacement. Le lendemain de la r\u00e9daction du texte ci-dessus, il pr\u00e9sente sa d\u00e9fense et balaye d&rsquo;un coup de plume toutes les assertions de ses accusatrices :\u00a0<\/p><p>\u00ab\u00a0Le Conseil d&rsquo;\u00c9tat m\u2019aiant fait communiquer hyer mardi\u00a022e\u00a0de ce mois une d\u00e9claration sans date sign\u00e9e Susane Bailliods n\u00e9e Schouffelberguer et Susane Margueritte Bailliods, dans laquelle je suis accus\u00e9 non seulement d&rsquo;estre le p\u00e8re de l&rsquo;enfant que ladite Susane Margueritte Bailliods a mis au monde le 12e du courant, mais encore d&rsquo;avoir don\u00e9 le conseil de l&rsquo;exposition de cet enfant dans l&rsquo;entr\u00e9e de ma maison le susdit jours 12e du courant. Moi, soussign\u00e9, r\u00e9ponds \u00e0\u00a0cette accusation, savoir :\u00a0<\/p><p>\u00ab\u00a0Sur le premier chef que, si je voulois discuter la mati\u00e8re a fond, je pourrois faire voir mon inocence sur cet article, en me contantant d\u2019al\u00e9guer mon alibi dans le tems que la susdite Susanne Margueritte Bailliods doit \u00eatre devenue enceinte, attendu qu&rsquo;il est conu de tout Neufch\u00e2tel que je suis parti pour Lyon au commencement du mois d&rsquo;avril dernier d&rsquo;o\u00f9 je ne suis revenu que sur la \ufb01n du m\u00eame mois [NB. : <em>L&rsquo;enfant, n\u00e9 le 12 janvier 1760, aurait donc\u00a0\u00e9t\u00e9\u00a0con\u00e7u 39 semaines auparavant, soit vers\u00a0le 14 avril<\/em>].\u00a0<\/p><p>\u00ab\u00a0Mais, sans me servir de cette raison et de bien d&rsquo;autres qui me justi\ufb01eroient, je me r\u00e9duis \u00e0 emploier contre une imputation aussi calomnieuse le moien que la Loi me fourni et \u00e0 dire (comme je le fais) que mon accusatrice n&rsquo;aiant observ\u00e9 aucune des formalit\u00e9s auxquelles la Loi astreint toutes filles qui se sent enceinte, aiant de plus fait des couches clandestines [NB. : <em>La loi impose aux filles enceintes de d\u00e9clarer leur grossesse et d&rsquo;accoucher \u00ab\u00a0en public\u00a0\u00bb, soit devant t\u00e9moins, des m\u00e8res, des femmes du voisinage, des sages-femmes, etc., car on craint qu&rsquo;en agissant secr\u00e8tement, les filles m\u00e8res soient tent\u00e9es de tuer leur enfant. Pour les pousser \u00e0 faire de telles d\u00e9clarations, on emp\u00eache celles qui cachent leur grossesse \u00e0 entamer une proc\u00e9dure de recherche en paternit\u00e9, donc \u00e0 demander \u00e0 celui qu&rsquo;elle d\u00e9signe comme p\u00e8re de prendre \u00e0 sa charge l&rsquo;\u00e9ducation de l\u2019enfant<\/em>] et qui, par cela m\u00eame, rendent toutes d\u00e9clarations de sa part indignes de foi et de croiance, je suis d\u00e8s l\u00e0 innocent et l&rsquo;accusation form\u00e9e contre moi est de fait et de droit fausse et callomnieuse, sans que je sois oblig\u00e9 d&rsquo;y r\u00e9pondre plus outre, attendu que par l&rsquo;effet de la Loi m\u00eame, l&rsquo;acc\u00e8s aux tribunaux seroit refus\u00e9 \u00e0 cette fille si elle le demandoit pour faire valoir son accusation.\u00a0<\/p><p>\u00ab\u00a0Et, sur le second chef de la susdite d\u00e9claration, je r\u00e9pond en m&rsquo;inscrivant en faux contre tout son contenu qui, de fait et de droit, ne m\u00e9rite aucune foi [<em>p. 2<\/em>] cornme\u00a0\u00e9tant la suitte d&rsquo;une accusation de paternit\u00e9 que j&rsquo;ai \u00e9tabli et prouv\u00e9\u00a0ci-dessus \u00eatre fausse et calomnieuse et qui tombe d&rsquo;elle m\u00eame.\u00a0<\/p><p>\u00ab\u00a0Ajoutant \u00e0 mon inscription une r\u00e9quisition formelle que j\u2019adresse au Conseil d&rsquo;\u00c9tat d&rsquo;aprofondir cette indigne calomnie en proc\u00e9dant m\u00eame aux ar\u00eats des deux auteurs de la d\u00e9claration ci-dessus s&rsquo;il le juge n\u00e9cessaire, esp\u00e9rant de la justice du gouvernement qu&rsquo;il emploiera tous les moiens convenables pour mettre au jour la v\u00e9rit\u00e9 de ce dont je suis accus\u00e9, et qu&rsquo;il ne souffrira pas qu&rsquo;un membre de son Corps soit impun\u00e9ment traduit dans le public d\u2019une mani\u00e8re aussi inf\u00e2me.<\/p><p>\u00ab\u00a0Laquelle pr\u00e9sente d\u00e9claration, j&rsquo;ai sign\u00e9 de ma main et remis \u00e0\u00a0Monsieur le conseiller d\u2019\u00c9tat et tr\u00e9sorier g\u00e9n\u00e9ral Le Chambrier de Travanet, faisant les fonctions de pr\u00e9sident, aujourd\u2019huy sous date.\u00a0<\/p><p>A Neufch\u00e2tel, le 23e\u00a0janvier 1760.\u00a0<\/p><p style=\"padding-left: 40px;\">[<em>sign\u00e9<\/em>] G. P. d&rsquo;Ivernois\u00a0<\/p><p>Manifestement, le m\u00e9moire pr\u00e9sent\u00e9 par M. d&rsquo;Ivernois rencontra l\u2019assentiment g\u00e9n\u00e9ral. Ces dames voyaient bien que leur cause \u00e9tait perdue. Elles ne\u00a0purent qu&rsquo;adopter l&rsquo;attitude qui s&rsquo;imposait, la soumission et les plates excuses. Faute\u00a0avou\u00e9e est toujours \u00e0\u00a0moiti\u00e9 pardonn\u00e9e !!<\/p><p>[NB. : <em>Les deux textes qui suivent ont\u00a0manifestement \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 par un homme de loi, les deux fautives\u00a0se contentant de signer<\/em>]<\/p><p style=\"text-align: center;\">\u00ab\u00a0A Monsieur le pr\u00e9sident\u00a0<br \/>et \u00e0\u00a0<br \/>\u00ab\u00a0Messieurs du Conseil d\u2019\u00c9tat<\/p><p>\u00ab\u00a0Messieurs,<br \/>La veuve Bailliods n\u00e9e Schouffelberg et Susanne Marguerite Bailliods, sa fille, viennent se jetter aux pieds de Vos Seigneuries, couverts d&rsquo;une juste confusion et p\u00e9n\u00e9tr\u00e9s de la plus vive douleur.\u00a0<\/p><p>\u00ab\u00a0Dans le cruel et malheureux \u00e9tat o\u00f9 elles se trouvent, elles ont pris la libert\u00e9 de remettre \u00e0 Monsieur le maire de cette Ville un expos\u00e9 na\u00eff et fid\u00e8le de toutes les circonstances qui ont accompagn\u00e9 et qui ont suivi la grossesse de cette derni\u00e8re. Cet expos\u00e9 ne tend nullernent \u00e0 vouloir se justi\ufb01er ni \u00e0 devoir diminuer la faute dans laquelle elle est tomb\u00e9e (qui est digne de votre indignation et de votre s\u00e9v\u00e9rit\u00e9). Mais, Messieurs, les tr\u00e8s humbles suppliantes osent recourir \u00e0 cette tendre mis\u00e9ricorde que l\u2019on voit \u00e9clater tous les jours dans vos d\u00e9lib\u00e9rations. Que Vos Seigneuries se livrent en leur faveur \u00e0 ces sentimens de cl\u00e9mence qui sont imprim\u00e9s dans leurs c\u0153urs, qui caract\u00e9risent si hautement leur administration et qui font la gloire et l&rsquo;ornement des magistrats les plus illustres !! s\u2019en remettant au reste absolument \u00e0 l&rsquo;arr\u00eat qu&rsquo;il vous plaira de prononcer et vous priant d&rsquo;agr\u00e9er les voeux ardens qu&rsquo;elles ne cesseront d&rsquo;adresser au Seigneur pour votre pr\u00e9cieuse conservation et pour votre constante prosp\u00e9rit\u00e9.\u00a0<\/p><p style=\"padding-left: 40px;\">[<em>Sign\u00e9 par<\/em>] Susanne Bailliodz n\u00e9e Schouffelberguer Susanne<\/p><p style=\"padding-left: 80px;\">Marguerite Bailliodz\u00a0\u00bb<\/p><p style=\"text-align: center;\">\u00ab\u00a0A Monsieur\u00a0<br \/>\u00ab\u00a0le pr\u00e9sident et \u00e0\u00a0messieurs du Conseil d&rsquo;\u00c9tat,\u00a0<\/p><p>\u00ab\u00a0Messieurs<\/p><p>\u00ab\u00a0La veuve Baillodz n\u00e9e Schouffelberguer et Susane Marguerite Baillodz, sa fille a\u00een\u00e9e, ayant eu la l\u00e9g\u00e9ret\u00e9 de doner par \u00e9crit une acusation sans fondement contre Monsieur le procureur g\u00e9n\u00e9ral pour le charger d&rsquo;\u00eatre le p\u00e8re de l&rsquo;enfant que dont cette derni\u00e8re acouch\u00e9e n&rsquo;ont point d&rsquo;expressions assez suffisante pour en marquer leur vif repentir et la profonde douleur dont elles sont accabl\u00e9e.\u00a0<\/p><p>\u00ab\u00a0Elles viennent icy, Monsieur le pr\u00e9sident et Messieurs, en faire le d\u00e9saveu le plus solenenel [<em>sic<\/em>], le seul motif qui leur avoit don\u00e9 ocasion \u00e0 d\u00e9clarer cette imputation, c&rsquo;est la pens\u00e9e o\u00f9 elles \u00e9toient qu&rsquo;en l&rsquo;impliquant dans cette affaire, il seroit engag\u00e9 par l\u00e0 \u00e0 se servir de son cr\u00e9dit pour faire ses efforts afin de mettre fin \u00e0 toutes proc\u00e9dures [NB. : <em>Ces raisons semblent peu convaincantes<\/em>]; mais, remarquant le mauvais effet que cette imputation a produit dans le public et dans le gouvernement, non seulement lesdittes tr\u00e8s humbles exposantes, mais toute la famille, se voyent oblig\u00e9\u00a0de donner gloire \u00e0\u00a0la v\u00e9rit\u00e9, en d\u00e9clarant qu&rsquo;il n&rsquo;y a absolument rien de vray dans cette accusation remise par \u00e9cri \u00e0\u00a0Monsieur le maire [i.e. <em>l&rsquo;officier de\u00a0justice<\/em>] mardy au soir vingt et deuzi\u00e8me de ce mois.<\/p><p>\u00ab\u00a0La veuve Baillodz, conjointement avec sa fille a\u00een\u00e9e, ont en outre, Monsieur le pr\u00e9sident et Messieurs, l\u2019honeur de repr\u00e9senter \u00e0 Vos Seigneuries qu&rsquo;ayant pris la libert\u00e9 respectueuse de solliciter leurs gr\u00e2ce de Sa Majest\u00e9, non seulement par raport aux couches clandestines, mais aussy pour l&rsquo;exposition qui a \u00e9t\u00e9 faite et pour la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 de l&rsquo;acusation. Elle suplient tr\u00e8s humblement le gouvernement de vouloir ar\u00eater toutes poursuites ult\u00e9rieures jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;on ay receu r\u00e9ponse de la Cour, afin de ne leur pas causer des fraix qu&rsquo;elles sont hors d&rsquo;\u00e9tat de suporter.<\/p><p>\u00ab\u00a0Et pour ce qui concerne la nouriture et l&rsquo;entretien de l&rsquo;enfant, laditte veuve Baillodz s\u2019engage icy avec sa famille de s&rsquo;en charger, en sorte qu&rsquo;il ne sera pas absolument point ny pour le pr\u00e9sent ny pour l&rsquo;avenir \u00e0\u00a0la charge de la Seigneurie. Promettant en outre de rembourser tous les fraix qui ont \u00e9t\u00e9 ocasionn\u00e9 pour cet effet.<\/p><p>\u00ab\u00a0Daignez donc, Monsieur le pr\u00e9sident et Messieurs, recevoir favorablement avec cette bont\u00e9 et cette cl\u00e9mence que vous acordez aux malheureux cette tr\u00e8s humble requette. Daignez en particulier acorder aux tr\u00e8s humbles supliantes la faveur qu&rsquo;elles osent implorer et ce sera pour elles un nouvel engagement \u00e0\u00a0redoubler la ferveur de leurs voeux pour la longue dur\u00e9e de la pr\u00e9sieuse conservation et\u00a0de\u00a0la prosp\u00e9rit\u00e9 de Vos Seigneuries.<\/p><p style=\"padding-left: 40px;\">[<em>sign\u00e9<\/em>] Susanne Bailliodz n\u00e9e Schouffelberguer\u00a0<\/p><p style=\"padding-left: 80px;\">Susanne Marguerite Bailliod<\/p><p>[<i>p. 2<\/i>]\u00a0\u00ab\u00a0Je sousign\u00e9 d\u00e9clare que, sur la communication qui m\u2019a \u00e9t\u00e9 don\u00e9e de la pr\u00e9sente requette, je prent icy l\u2019engagement n\u00e9cessaire par raport \u00e0\u00a0la nouriture\u00a0et\u00a0\u00e0\u00a0l&rsquo;entretien de l&rsquo;enfant, me constituant \u00e0\u00a0cet effet caution en la meillieure forme possible, qu&rsquo;il sera retir\u00e9\u00a0[<em>de\u00a0chez sa\u00a0nourrice<\/em>] dans le courant de la semaine prochaine et que la Seigneurie en sera enti\u00e8rement d\u00e9charg\u00e9e, de m\u00eame qu&rsquo;au remboursement des fraix qui auront \u00e9t\u00e9 ocasion\u00e9s<\/p><p style=\"padding-left: 40px;\">[<em>sign\u00e9<\/em>] Fredrich Schouffelberguer\u00a0<\/p><p>En guise de conclusion, j&rsquo;ai rassembl\u00e9 ci-dessous quelques renseignements g\u00e9n\u00e9alogiques sur les protagonistes de cette affaire.\u00a0<\/p><p><u>L&rsquo;enfant<\/u> : Fr\u00e9d\u00e9ric Hilaire Baillods : fils de demoiselle Susanne Marguerite de Bellevaux, bourgeoise de Neuch\u00e2tel, baptis\u00e9 \u00e0 Neuch\u00e2tel le 16 janvier 1760 (499), expos\u00e9 \u00e0 la porte du procureur d&rsquo;Ivernois le 12 janvier 1760, il obtient des lettres de l\u00e9gitimation le 2 d\u00e9cembre 1799 (Actes de chancellerie n\u00b0 28, p. 45-46). Nous ne connaissons rien de son existence ult\u00e9rieure.\u00a0<\/p><p><u>Les parents<\/u> : Abraham Baillod de Bellevaux, fils\u00a0de Daniel, maire de Travers, baptis\u00e9 \u00e0\u00a0M\u00f4tiers le 27 septembre 1696 (13), cat\u00e9chum\u00e8ne \u00e0\u00a0B\u00e2le en 1714 (Archives d&rsquo;\u00c9tat de B\u00e2le, \u00c9glise Fran\u00e7aise, F 2), membre des 40 le 21 ao\u00fbt 1730, ma\u00eetre des cl\u00e9s en 1747, inhum\u00e9 \u00e0\u00a0Neuch\u00e2tel le 23 juin 1759 (82)<\/p><p>\u00e9pouse \u00e0\u00a0Neuch\u00e2tel le 16 ao\u00fbt 1726 (32), Suzanne Isabeau SCHOUFFELBERG, n\u00e9e vers 1702, morte\u00a0\u00e0\u00a0l&rsquo;\u00e2ge de 80 ans, inhum\u00e9e \u00e0\u00a0Neuch\u00e2tel le 26 juillet 1782 (223).<\/p><p>Enfants :\u00a0<\/p><ul><li>Suzanne Marguerite, baptis\u00e9e \u00e0\u00a0Neuch\u00e2tel le 30 janvier 1728 (226), morte \u00e0\u00a0l&rsquo;\u00e2ge de 81 ans, inhum\u00e9e \u00e0\u00a0M\u00f4tiers le 23 f\u00e9vrier 1809 (127), c&rsquo;est m\u00e8re de l&rsquo;enfant naturel dont il est question ci-dessus.\u00a0<\/li><li>Marie Isabelle, baptis\u00e9e \u00e0\u00a0Neuch\u00e2tel le 10 f\u00e9vrier 1730 (245), inhum\u00e9e (?) \u00e0\u00a0Neuch\u00e2tel le 29 novembre 1731 (300)\u00a0<\/li><li>Daniel Fran\u00e7ois, baptis\u00e9 \u00e0\u00a0Neuch\u00e2tel le 4 janvier 1732 (259), mort \u00e0\u00a0l&rsquo;\u00e2ge de 84 ans, inhum\u00e9e \u00e0\u00a0M\u00f4tiers le 6 janvier 1816 (143)\u00a0<\/li><li>Anne Marguerite, jumelle, baptis\u00e9e \u00e0\u00a0Neuch\u00e2tel le 25 juillet 1735 (288), inhum\u00e9e \u00e0\u00a0Neuch\u00e2tel le 12 d\u00e9cembre 1787 (260).\u00a0<\/li><li>Marie Isabelle, jumelle, baptis\u00e9e\u00a0\u00e0\u00a0Neuch\u00e2tel le 25 juillet 1735 (288)<\/li><li>Marianne, baptis\u00e9e \u00e0\u00a0Neuch\u00e2tel le 27 septembre 1737 (306), son p\u00e8re Abraham enterre un enfant \u00e0\u00a0Neuch\u00e2tel le 28 octobre 1737 (6)<\/li><li>Louise Charlotte baptis\u00e9e \u00e0\u00a0Neuch\u00e2tel le 30 septembre 1741 (340)<\/li><\/ul><p><u>Le p\u00e8re pr\u00e9sum\u00e9<\/u> : Guillaume Pierre d&rsquo;Ivernois, de M\u00f4tiers, fils de Joseph, justicier, n\u00e9 \u00e0 M\u00f4tiers le 3 f\u00e9vrier 1701, baptis\u00e9 audit lieu le 15 f\u00e9vrier 1701 (49), marchand \u00e0 Neuch\u00e2tel (1734), puis conseiller d&rsquo;\u00c9tat et procureur g\u00e9n\u00e9ral, mort \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 74 ans, inhum\u00e9 \u00e0 M\u00f4tiers le 25 mai 1775 (65), \u00e9pouse en premi\u00e8res noces \u00e0 M\u00f4tiers le 7 juillet 1725 (22),\u00a0<\/p><p>Marie Esabeau BAILLOD, de M\u00f4tiers, bourgeoise de Neuch\u00e2tel, fille de Daniel, maire de Travers, baptis\u00e9e \u00e0\u00a0M\u00f4tiers le 31 d\u00e9cembre 1698 (32), cat\u00e9chum\u00e8ne \u00e0\u00a0M\u00f4tiers \u00e0\u00a0No\u00ebl 1713 (50), morte avant 1742.\u00a0<\/p><p>\u00e9pouse en secondes noces \u00e0\u00a0M\u00f4tiers le 7 aout 1742 (22),\u00a0<\/p><p>Susanne Marie P\u00c9TER, de Neuch\u00e2tel, veuve\u00a0de Jean Calame, maire des Brenets, inhum\u00e9e \u00e0\u00a0M\u00f4tiers le 19 juillet 1764 (47).<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-3a2d2f65 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"3a2d2f65\" data-element_type=\"section\" data-e-type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-33 elementor-top-column elementor-element elementor-element-b054d13\" data-id=\"b054d13\" data-element_type=\"column\" data-e-type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-70ff9694 elementor-widget elementor-widget-button\" data-id=\"70ff9694\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" 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